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  • Analytics vs Continentals: the kayfabe of the 20th century

    Thursday, December 18, 2014
    Iva Apostolova

     

    There are perhaps very few so vigorously re-fueled love-hate relationships in the history of philosophy as between the Analytics and the Continentals. It is not a secret that since its birth in 1900 Analytic Philosophy has acquired quite a reputation, a reputation that has created its own mythology (crossing both sides of the barricade, mind you; credit needs to be given where it’s deserved!). Fortunately, over the past few decades the analytic-continental blockade has begun to crack. Richard Rorty was one of the first few to do the unthinkable—openly and publicly cross the line from analytic to continental—and today Merleau-Ponty is on the tip of the tongue of many analytics.

    But for the first timer, here is a glimpse at some of the myths following the analytic tradition like a faithful shadow (leaving aside the fact that ‘analytic philosophy’ is an umbrella term huddling philosophers who do not want to be seen in the company of other ‘analytic’ philosophers. Strangely, Wittgenstein and his mentor Russell are the first that come to mind…)

    Myth 1: Analytic philosophy is dry: all it does is split hairs in an impossible jargon.

    Russell, one of the fathers of the analytic tradition, worried all his life (almost a century-long life!) about what he called the ‘unity of the proposition’. His main concern: how to analyze a meaningful philosophical proposition without actually losing its meaning. As for the jargon, well, if Kant’s ‘noumena’ and Heidegger’s 'Dasein' are not jargon, I don’t know what is! Inventing new vocabulary in the name of accuracy and depth is part and parcel of almost every philosopher’s agenda.

    Myth 2: Analytic philosophy doesn’t pay attention to the history of philosophy, it takes philosophical ideas out of context and analyzes them to death.

    Russell’s two-volume The History of Western Philosophy is still considered a must-read intro to philosophy. J. O. Urmson, a classically trained Oxford don, considered himself an Aristotle scholar before anything else.

    Myth 3: Analytic philosophers are boring and not interested in the meaning of life questions.

    William James, one of the great American Pragmatists and a major influence on the analytic tradition struggled with depression all his life. It is those struggles, as he himself admits, that pushed him into re-evaluating his own views on religious tolerance and truth. Truth, he thought, was the end of a thought ‘path’ in a stream of consciousness where the pen is as much a part of my experience as I am of the pen’s.

    And if you want philosophical excitement, you should read Wittgenstein’s Poker: The Story of a Ten-Minute Argument between Two Great Philosophers. Trust me, it’s worth your time!  

  • Théologie en Jeûne

    Friday, December 05, 2014

     

    Les théories scientifiques contemporaines des plus vertigineuses (indéterminisme quantique, relativité, théorie des cordes) contraignent le scientifique à abandonner une fois pour toutes l’assise ferme de la finitude dogmatique de l’actuel et à se projeter dans l’infini du possible. Le réel se révélant à l’homme dans sa richesse toujours renouvelée, nécessite de nouveaux modèles plus généreux, plus complexes, mais aussi plus beaux. Cette réponse à l’appel de l’infini, n’est-elle pas parfaitement contraire à l’idéal grec – la perfection dans le fini ? Le réel en auto-révélation continuelle à l’homme qui accepte de se connaître toujours mieux en dialogue direct et incessant avec ce dernier, ne présuppose-t-il pas une attitude à la fois humble et audacieuse  l’acceptation de l’insécurité, de la perfectibilité de sa position, du caractère conditionnel de systèmes et normes qui jusqu’à date donnaient appui, respect et peut-être même – le « pouvoir »? En effet, le « prestige de statut » d’un scientifique dépend uniquement de sa capacité de suivre le Réel.

    La prétention universelle du principe de relativité par rapport à la seule constante de Vérité ultime, mais qui semble toujours fuir vers un horizon inatteignable, a bien de quoi dérouter et même mettre en panique l’esprit humain dans toute sa manifestation, que celle-ci soit scientifique, religieuse, artistique ou sociale. La philosophie serait-elle la seule à accepter le défi dans l’esprit de sérénité joviale?

    Le malaise de relativité ressenti par la conscience théologique et chrétienne en général – relativité qui, mal comprise, dégénère en relativisme – serait-il non seulement surmontable, mais avant tout fertile pour la recherche continuelle de la Vérité évangélique ? 

    La recette pour la foi d’aujourd’hui ne serait-elle pas celle du renoncement, dans toutes ses dimensions, à l’absolu dans le fini, dans l’objet qui, plus il est sacralisé, plus on se donne le droit de le manipuler, en en étayant notre certitude mentale et paix de conscience – ingrédients de base pour satisfaire au besoin humain refoulé et quasiment biologique d’importance?

    Il semble que le refus de possession d’un scientifique qui finit par enlever son chapeau devant ce qu’il croyait être son objet, alors que cela même transcende tous ses meilleurs modèles, pourrait être source de régénération libératrice de l’Église croyante– son jeûne dans le désert qui rejaillit en torrents de vie.

    Quiconque se rend dans le désert pour jeûner en vue d’une rencontre, d’une expérience d’évidence qui convainc sans s’imposer, qui est objective sans devenir un objet, qui est contraignante dans toute l’apothéose de la liberté, celui-là est mu par le courage de se rendre muet, de cesser de prédiquer des objets aux sujets par l’entremise d’une copule d’ « être » ; celui-là veut justement déchirer l’être pour devenir un avec Celui qui seul Est.

    Un tel jeûne de mutisme de relativité des faux absolus, d’apophase dogmatique continuelle en vue de s’ajuster à la seule constante de l’univers (la Vérité divine,  pour en verbaliser) – est seul à pouvoir opérer une brèche libératrice laissant la beauté de nouveaux modèles regreffer notre logique d’être chrétiens au Réel – la logique qui, se proclamant être l’entreprise par excellence de recherche de cette Vérité, s’affaisse, hélas, si facilement dans notre âpre désir de sécurité et de contrôle, pour devenir une serre à air vicié d'ataraxie.

    Or, l’amour authentique contraint à renaître, à résorber tout hiatus entre sujet et objet, à nous oublier nous-mêmes comme sujets de peur en possession d’un talisman de vérité objectivée, et à nous lancer vers l’Infini et le Possible de la Vérité Bonne et Belle. Cet amour interpelle ce qu’il y a de plus risquant, aventureux, intrépide et indomptable dans le cœur humain, jusqu’à le conduire à un combat ultime pour Celle qu’il aime au-delà de la vie même, parce qu’elle seule est sa Vie.

    Et les grandes théories scientifiques, que changent-elles dans notre vie de tous les jours ? Qu’importe-t-il de savoir que la vitesse de la lumière est le seul absolu, si l’expérience vulgaire n’en est pas changée ? En effet, qu’importe-t-il de savoir que l’Éternité est le seul Absolu, si ce n’est pas en fonction de lui que se définit la valeur des réalités les plus infimes de notre existence?

    « Celui qui craint n’est pas parfait dans l’amour. » ( 1 Jn 4, 18b)

     

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